Voilà un an déjà que j’ai pris la décision, un peu folle j’en conviens, de me lancer dans une formation longue en graphologie. Pour les novices, la graphologie fait référence à l’art d’étudier la personnalité d’une personne à travers son écriture. « Quoiii ? Mais ça existe encore ce truc ? » me répondrez-vous peut-être… Ne vous inquiétez pas, je suis habituée ! Et c’est vrai, il faut bien reconnaître qu’à l’heure des tests prédictifs informatisés, j’ai choisi une voie qui peut paraître à contre-courant.
Pourtant, plus je découvre cette discipline, plus elle me passionne, et plus je suis convaincue de sa richesse pour entrer en contact avec la personnalité humaine. C’est pour cela que j’ai eu envie de partager avec vous un peu de ce qui me plaît dans cet outil puissant et mystérieux.
La garphologie – quand l’intuition rencontre l’analyse minutieuse
Mais comment ça marche ?
Tout l’intérêt de la discipline est qu’elle ne s’arrête justement pas à cette première « mise en connexion » avec l’écriture. Elle fait ensuite intervenir le sens de l’observation du graphologue, lui demandant un travail long et détaillé. Dans la théorie qui est enseignée aux graphologues, il existe 7 genres et 175 espèces d’écritures* dont tout élève doit connaître les caractéristiques précises pour savoir les repérer et les hiérarchiser dans chaque écriture observée. Il doit aussi, et c’est pour moi la partie la plus difficile et subtile, maîtriser l’interprétation de chaque espèce. En effet, chacune de ces petites particularités de l’écriture revêt une interprétation qui lui est propre. La difficulté ne s’arrête cependant pas là, car le sens de l’interprétation de chaque espèce variera en fonction des autres espèces observées à ses côtés. On appelle cela le « milieu graphique ». Le graphologue devra toujours en tenir compte avant d’émettre une interprétation, sans quoi il risque de se tromper.
Pour prendre un exemple, peut-être avez-vous déjà entendu : « les gens qui ont des écritures montantes sont des optimistes »…Certes, parfois ce n’est pas faux…mais cette phrase un très bon exemple de ce qu’il ne faut surtout pas faire en graphologie (et dans la vie en général d’ailleurs 😉 ) : tirer des conclusions schématiques d’une seule observation sans la relier à son contexte général.
Graphologie vs Test de personnalité ?
Ce que je trouve vraiment unique dans cette approche de la personnalité humaine, c’est qu’elle ne souffre pas, ou moins, du fameux biais d’ « auto-présentation » qui limite les méthodes d’évaluation de type « questionnaire », où le sujet est à l’origine des réponses qu’il donne.
Nous avons tous eu l’occasion de nous en apercevoir, il est vraiment trop tentant, face à un questionnaire de personnalité, de choisir l’option qui nous valorise le plus et donc d’influencer les résultats. De plus, même en étant d’une absolue bonne foi, il arrive souvent que nous n’ayons qu’une vision que partielle de nous-mêmes et que nous transmettions cette subjectivité dans nos réponses et donc dans les résultats des tests.
La graphologie permet de s’affranchir de ce risque car elle résulte de l’analyse d’un mouvement spontané, absolument unique et personnel, qui rend forcément compte d’une forme de réalité. Par exemple, si le scripteur se « force » à faire paraître quelque chose qu’il n’est pas, cela se repère facilement et ouvre la porte à un niveau d’analyse plus profond.
En règle générale, je dois reconnaître que cette première année de formation m’a ouvert d’autres portes pour comprendre la complexité de la personnalité humaine et les différentes strates qui la composent. Je suis impressionnée par la possibilité que la graphologie nous offre de rentrer en contact avec le caractère unique de la personnalité du scripteur, sans la réduire ou chercher à la faire entrer dans des catégories préétablies. Certes, comme le font la plupart des tests, le graphologue a pour mission d’identifier les traits de personnalité principaux du scripteur. Mais au-delà de cet aspect, il a les moyens, et c’est ce que je trouve le plus riche, d’identifier la façon dont ceux-ci s’organisent, toujours au service d’une meilleure connaissance de soi par le scripteur (ex. identification des contradictions, des défenses ou encore de la différence entre les aspirations et les possibilités de réalisation du scripteur).
En réalité, je pense sincèrement que les tests de personnalité et la graphologie ne remplissent pas le même rôle et ne peuvent donc pas se substituer l’un à l’autre. Pour moi, l’idéal serait d’apprendre à manier les deux en s’enrichissant de leurs complémentarités. Par exemple, certains tests sont d’excellents moyens de recueillir les « intérêts professionnels » d’une personne. On imagine bien l’intérêt que peut avoir l’analyse conjointe de ce type de test avec une expertise graphologique.
Comment devient-on (et reste-t-on) graphologue?
Ce qui m’a frappé dans cette discipline, au-delà de l’admiration que je porte aux personnes qui me l’enseignent, c’est qu’elle est régulée, animée et enrichie par un collectif de professionnels qui veillent à la qualité de la compétence graphologique partout en France. Il existe en effet un maillage régional d’associations qui ont pour mission l’échange de pratiques entre graphologues. De plus, au niveau national, la très réputée Société Française de Graphologie (SFDG) assure son rôle de gardien d’un diplôme convoité. Elle ne délivre ce titre qu’au terme d’une formation de deux ans minimum, après passage d’un examen écrit et oral dont la sélectivité a de quoi faire frémir les élèves comme moi !
La SFDG organise aussi des conférences, des formations, mène des études et publie une revue très complète à destination des graphologues. Elle nous invite donc à nous perfectionner, nous adapter aux évolutions en réactualisant les méthodes et la théorie. Personnellement, je trouve très précieux de disposer de ce réseau d’experts, toujours prêts à partager leurs savoir-faire et faire vivre leur discipline !
Pour qui travaillent les graphologues ?
Les graphologues interviennent majoritairement dans deux champs d’activité :
– Le recrutement : l’analyse graphologique intervient pour obtenir une vision de la personnalité du candidat, complémentaire à celle de l’entretien. Elle permet, à la demande d’un client employeur, d’évaluer l’adéquation du candidat avec les attentes du poste. Elle ouvre des perspectives qu’il n’est pas toujours facile pour un futur employeur de percevoir à l’occasion d’un simple échange et apporte un appui concret pour sa prise de décision.Tout l’intérêt du recours à la graphologie dans ce cadre est qu’au delà d’un avis favorable ou défavorable, le graphologue consulté pourra donner des éléments essentiels pour favoriser l’intégration du candidat et développer sa possibilité de révéler son talent dans l’entreprise.
– L’accompagnement individuel : c’est sans doute le domaine dans lequel la graphologie prendra le plus de sens à l’avenir. Il s’agit ici d’analyses graphologiques effectuées à la demande d’un client « privé » qui souhaite mieux se connaître, répondre à des questions concernant, par exemple, son orientation, son avenir professionnel etc. Cette démarche ouvre la possibilité d’un dialogue ouvert autour des pistes révélées par l’écriture. En cela, elle exprime toute sa richesse car elle permet d’approfondir les observations par le dialogue et la poursuite d’un accompagnement adapté.
L’objectif de cet article est de vous faire entrevoir ce que peut être la graphologie, et surtout de vous parler de mon rapport personnel avec cette dernière. Il ne s’agit en aucun cas de chercher à démontrer sa supériorité par rapport à d’autres méthodes d’évaluation. Je suis d’ailleurs bien consciente que, comme tout outil, elle ne peut être vraiment pertinente que si elle est mise entre les mains des bonnes personnes (dont j’espère faire partie un jour…). Je suis convaincue que représentée par des professionnels de talent, ouverts à la remise en question et dont les intentions sont claires et bienveillantes, la graphologie a de beaux jours devant elle !
* Genres : Sortes de clés d’entrée générales de l’écriture (ex : le trait, la forme…) / Espèces : Sous catégories qui apportent des nuances dans ces 7 clés d’entrée (ex : un trait pâteux, une forme imprécise)
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